Qui a dit qu’on ne trouvait que des livres dans les bibliothèques ? Espaces de médiation à part entière, elles sont des lieux de rencontre, d’événements, d’expositions et même de résidences d’artistes. La médiathèque Till l’Espiègle de Villeneuve-d’Ascq, dans le département du Nord, a accueilli Loïc Froissart l’illustrateur qui est à l’origine du graphisme pétillant de Biblis en folie.
Après une première immersion en 2025 au sein de la médiathèque, il a repris le crayon en 2026 pour observer ce qui s’y passe au quotidien et le traduire en dessin. Ce travail donne lieu à une exposition et une rencontre les 2 et 3 octobre. Mais comment se déroule une résidence de ce type ? Et pourquoi cette résidence ? Nous avons posé trois questions à Hélène Brochard, directrice de la médiathèque et présidente de l’association des bibliothécaires de France.
Votre bibliothèque a accueilli l’auteur-illustrateur Loïc Froissart en résidence d’artiste. Pourquoi une telle démarche ?
Si nous participons tous les deux ans, avec l’association Atelier 2 et La ferme d’en haut de Villeneuve-d’Ascq, à l’accueil d’artistes plasticiens locaux, nous n’avions encore jamais invité de manière exclusive un artiste à la médiathèque sur un temps long. C’est vraiment une première. Le choix s’est porté sur Loïc Froissart pour deux raisons : tout d’abord parce qu’il a illustré l’affiche de Biblis en folie qui est un temps fort pour nous de valorisation des bibliothèques, et ensuite parce que nous avions beaucoup apprécié un de ces ouvrages, Dans les tuyaux du Centre Pompidou, dans lequel il offre aux lecteurs une très belle visite guidée du lieu. Nous voulions qu’il réalise la même chose pour notre médiathèque, qu’il rende compte visuellement de la vie de notre établissement.
Comment s’est passée cette résidence ?
Loïc est venu une première fois en 2025, deux fois une semaine. Il s’est installé dans la médiathèque en position d’observateur pour s’imprégner à la fois du lieu, du travail des bibliothécaires et des intervenants, du public présent, des échanges… Cette première étape s’est concrétisée par des croquis que nous avons présentés dans le cadre de l’opération Biblis en folie de 2025. Loïc a su scénariser la vie de la médiathèque : il y avait des séries sur les chaises, sur ce que les plantes de la médiathèque entendent, sur les positions de lecture… C’était intéressant de voir la manière dont il arrive à créer un récit de ce que nous voyons tous les jours. L’exposition a reçu un très bon accueil, Loïc a pu échanger avec le public. Le travail s’est poursuivi cette année et donnera lieu à une nouvelle exposition à l’occasion de l’édition 2026 de Biblis en folie. Une vingtaine de planches originales seront présentées. Un petit livret sera distribué aux visiteurs, une fiction inspirée de la médiathèque…
Que vous a apporté cette résidence d’artiste ?
C’est une expérience intéressante. Pour les équipes, c’était très valorisant : cela nous a permis de prendre du recul sur notre quotidien, de voir autrement la médiathèque. On mesure tout l’intérêt de ce type de projet sur le temps long. Cependant, une résidence d’artiste ne peut pas être systématique : il faut que cette démarche soit cohérente avec les priorités de la médiathèque. En tout cas, elle s’inscrit pleinement dans nos missions de démocratisation culturelle. Comme toutes les actions que nous menons, la résidence d’artiste est l’occasion de faire de la médiation et de valoriser nos collections. Enfin, elle nous permet de mettre en avant l’un des acteurs de la vie du livre, l’auteur-illustrateur, et de soutenir financièrement une profession qui reste fragile.
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